samedi 26 mars 2011

Why my grand-father spoke with a russian accent


I was raised in Brighton Beach, Coney Island. I loved the place as a child because of his continuous mixed smell of cheap frying oil and cotton candy. Ocean parkway was our week-end stroll. I always preferred the atmosphere of the fair in springtime. Everything was still closed and it gave to the attractions a sense of end of the world that fascinated me. We would stop by Nathan's with my grand-father to have a hot-dog. He said it was the best he ever had in America. This declaration puzzled me deeply because I knew he never went anywhere outside New York.
He arrived in Brighton Beach at the end of World War II, an immigrant from Ukraine. life wasn't that easy at the beginning, it's only around the 70's with the second major wave of Russian immigration that he kind of felt more at home. Russian restaurants and night clubs opened, you could eat borsch and blinis, read the daily Novoye Russkoye Slovo and hear your mother tongue again.
I think I never realised how hard it had been for him. He never spoke Russian with me, he said that he wanted me to be a real American. I saw him cried once, the day of my biology graduation. I think he knew at that time I would leave them all for a life of my own.

samedi 19 mars 2011

Copie conforme


A trois minutes d'intervalles, je vois presque la même. Même cheveux longs bruns, même pince qui retient une mèche sur le côté façon banane années 40, même petite veste cintrée noire, même mini short en jeans, même collant opaque. Seul différence l'une porte des baskets montantes, l'autre des petites chaussures en daim bleu.
Des jumelles sortant de la gare st-Lazare qui viennent de se séparer ? Des figurantes se rendant à un casting de sosies de starlette ? Des clones (ah ça y'est on a enfin réussi !) ?
Très étrange sentiment que de se retrouver confronter à une telle similitude. Et si elles s'étaient rencontrées ? A trois minutes près. Découvrir soudain qu'il existe sur cette planète un autre soi.
Qui n'a pas déjà rêvé de le rencontrer ce frère jumeau, cet identique étranger. On le croiserait soudain au tournant d'une rue, au bord de la piscine en été, au troisième rang de la salle de cinéma... On resterait interloqué, on n'oserait pas parler et puis la curiosité prendrait le dessus. On se poserait toutes les questions possibles, on chercherait à savoir si l'autre est plus qu'une simple décalque physique, si il a aussi, par quelque mystérieux et monstrueux miracle, les mêmes défauts, les mêmes envies, les mêmes idées, si son âme est sœur de la notre.
On pourrait peut-être alors imaginer, avec la plus infime probabilité, qu'on est plus vraiment seul au monde.

vendredi 18 mars 2011

Nos vies aléatoires : deuxième partie

Bob : « Raymunda, Oh Raymunda ! Mon soleil ! Ma joie ! Si Malika apprend ça, elle me casse les 10 doigts. Bon c’est pas tout ça, mais j’ai un match à finir là ! Concentre-toi, concentre-toi… »

San Pedro regardait d’un œil sombre son poulain sur le ring. Bon tout le monde le savait, le match était truqué. Le catch de toute façon, ce n’était pas la ligue des champions. Il lui semblait bien distrait aujourd’hui le Bob. Encore en train de penser à Malika...

Je suis à cette convention. Je m’ennuie, je ne fais plus partie de ces nouveaux héros, en cape et turbo réacteurs qui mitraillent à tout va. Ces guerriers du futur dans leurs combinaisons brillantes qui se déplacent en trois dimensions. Je suis de l’époque des grands espaces, de ces chevauchées longues et éreintantes, de cette communion avec les loups et les indiens. Je suis un aventurier de la contemplation. Je suis Davy C.

Fritz se demande pourquoi il a accepté de venir. Il n’aime pas la plage, les palmiers le déprime. Il n’aime pas la mer, le sel lui donne de l’urticaire. Il n’aime pas ce soleil brûlant, il est couvert de crème. Il n’aime pas la nourriture, c’est trop épicé. Il n’aime pas les autres, il est misanthrope. Et par-dessus tout il sait maintenant qu’il n’aime pas Kémi.

C’est marrant le vent vient de se lever soudainement. J’ai des cheveux plein le visage, je n’y vois presque plus rien. J’en aurais presque du mal à marcher. Je me sens un peu dans cet état tourbillonnant. Rien ne m’est certain en ce moment. Je flotte. Je ne prends pas de décision. Je laisse le hasard me porter où il le souhaite.
Paf ! Aïe ma tête !
« Ah désolé pardon, c’est à cause de ce vent, je ne vous avais pas vu. » dit Lucie à la jeune fille à la coupe bizarre.

« Ulrik dépêche toi, ça va être à toi dans 5 minutes !!! Et n'oublie pas, Ulrik le Viking Tome 5, le 20 décembre dans toutes les bonnes librairies ! »

Raymunda a 24 ans. Elle joue de la guitare dans des soirées amateur et aimerait être une star comme 85% des gens de sa génération. Elle est plutôt jolie, pas totalement imbécile et voue un culte particulier aux ours. Depuis qu’à l’âge de huit ans, son père lui a ramené d’un de ses séjours canadiens, un petit ours noir en peluche, Raymunda en fait la collection. S’en est même devenu assez délirant : ours en porcelaine, peluches, tasses winny, livres, DVD, posters…ça encombre tous les murs de son tout petit appartement.
Elle doit jouer ce soir dans une boite à la mode avec son pote Davy.
Elle espère que ce gros lourdaud de catcheur ne sera pas là. Elle aurait mieux fait de ne pas allez voir ce match. Ça fait dix jours qu’il la colle maintenant !

Elle se sentait bien ici. Enfin un endroit où on ne la regardait pas comme un monstre. Ici les corps étaient déformés, les visages lacérés, bariolés, les membres atrophiés. On était super, méga, ultra, géant ou minuscule, suréquipé ou à moitié nu, bleu, vert, orangé, magique ou ordinaire…
On était enfin soi même ici et ça faisait du bien. Un vieux Viking lui avait même demandé tout à l’heure si elle voulait danser. Il lui avait dit qu’au moins avec cette allonge de bras il ne lui marcherait pas sur les pieds.

Kémi se penche doucement. Une grosse larme coule de sa joue. Merde, elle s'était promis de ne pas pleurer. Quelle conne elle avait été. Il était horriblement exécrable. Comment avait-elle pu flasher sur lui.
Demain, elle prendrait le premier avion pour Paris. Elle espérait que A. lui pardonnerait.

Putain de vent ! Bon en même temps avec tout le gel que j’ai mis ce matin ma coupe ne risque pas de bouger. Ah cette bonne vieille coiffure New Wave ! J’emmerde ceux qui trouvent ça ringard !!
Tiens, c'est marrant, cette fille on dirait un peu un épouvantail. Bonjour la coupe de l'enfant sauvage ! Mais attend qu’est-ce qu’elle fait, elle ne voit pas que je suis devant elle. Putain, elle va me rentrer dedans.

Ça fait maintenant 5 ans que Mimi organise des soirées burlesques. L’atmosphère y est bon enfant et elle aime surtout le côté coquin, festif, et très rétro des évènements. Les filles sont drôles et sexy et loin d’être stupides. Elle se considère un peu comme leur grande sœur. Aujourd’hui du coup, elle se demande si elle a bien fait d’accepter de faire un show dans ce lieu. Elle ne se sent pas du tout à sa place. Heureusement, il y a encore un numéro avant le leur. C’est un gros guerrier viking. Il n’a pas l’air de se sentir beaucoup mieux à dire vrai.

Et en bonus : The ballad of Davy Crockett

lundi 14 mars 2011

Nos vies aléatoires : première partie


Dessins inspirés par la forme de tâches ( cliquer pour voir en plus grand).

Aléatoire : Adj. étymologie : Aleatorius, de alea, jeu de dés.
Dépendant d'un événement incertain. Dans le langage général, soumis aux chances du hasard.

Daphné aura accepté l’invitation de son amie Gloria à aller danser au « Shake it » club. Elle dansera sans penser aux milliers de perles de sueur qui s’accumulent sur son corps. Elle se laissera enlacer par ce beau canidé aux poils si soyeux. La tête lui tournera assez vite et elle se laissera emporter par l’envie.

Kamel ouvre un œil. Oula, la tête en bois. Putain mais où je suis ? Draps qui sentent la Soupline, abat–jour parme, « Guerre et Paix » sur le guéridon, chemise froissée sur le parquet… T’ain je sens que j’ai encore déconné. Il se retourne doucement.
Ses plumes se soulèvent suivant le rythme de sa respiration. Elle est encore endormie.
Pourquoi je continue à suivre tes plans foireux Boris. Je devrais me méfier surtout quand tu déboules habillé en nounours. En même temps, ça faisait longtemps que j’avais pas autant déconnecté. C’est vrai qu’elle est plutôt jolie. En la regardant, là comme çà, j’en oublierais presque Lucie.

Francis se traine. C’est la méga mollesse. Il aimerait bien arriver pourtant à le croquer ce petit joufflu. Mais comme c’est pas les 24h du Mans, c’est mal barré ! Et puis il fait chaud, ça glue ! Allez encore un petit effort…Aïe, aïe, y’à sa hernie qui se réveille ! Paralysie.

Anatole aurait dû être dans le train qui l’emmenait chez sa tante. Mais réveil oublié, habits pas repassés, vautrage dans l’escalier, métro retardé, et bin voilà c’est rappé ! Du coup, il baguenaudait. Tiens c’est marrant cette fille aux cheveux frisées à la terrasse du café, elle ressemblait vaguement à K. Avec une paire de créoles et un nez un peu plus retroussé, elle aurait quasi pu être sa sœur jumelle. Mais voilà, K. l'avait laissé, elle était partie à l’île Maurice.

Quelquefois je me demande si tout cela existe vraiment, le gazon des terrains de golf, les femmes aux lunettes fumées assises autour des piscines, les glaces bleu turquoise sur la banquise… Je ne suis pas sûr de l’existence de ces supermarchés, des pandas, de cet enfant mi-homme, mi-plante…Je me demande si les autres anges pensent comme moi. Des fois, je me sens seul.
C'est à cet instant précis qu'Abel apparut devant lui.

“To be, or not to be: that is the question”, Hamlet, Acte 3 scène 1.

J’hallucine ou quoi ? Euh c’est pas un ange là-bas ? Et pas loin de lui, ce serpent, il a l’air complètement tétanisé ! Oh misère, je sens que cette thèse sur la genèse commence à me taper sur le ciboulot. Allez, Pierre-André, tu vas te prendre un bon Doliprane et hop au dodo ! Des fois je me dis que j'aurais mieux fait de faire des études de pâtisserie. C'est vrai j'ai toujours aimé les gâteaux.

Gloria et Malika discutaient autour d’un petit Arabica bien serré. Malika pleurait, elle se lamentait. Gloria essayait de suivre le mieux qu’elle pouvait le flot de paroles de son amie. Elle avait un peu du mal. Un peu mal au crâne aussi après cette soirée débridée au « Shake it ». Et Daphné qui était partie au petit matin avec ce type. Franchement ces copines avaient vraiment le chic pour se dégoter des sacrés loustics.
Gloria remarqua soudain cet étrange héron en pardessus qui l’a fixait bizarrement.

Malika enchaîne: “Mais Bob, c’est le mec de ma vie, tu comprends pas. Déjà notre rencontre...ça fait partie de la légende cette rencontre. C’était un pur hasard. On s’est rencontré dans le train Paris-Toulouse. 8 heures de train, quasi pas un mot. Je lui jetais des petits coups d'œil de temps en temps. A un moment j'ai vu qu'il avait froid, je lui ai prêté mon écharpe. Il m'a remercié et puis il s'est endormi. Endormi, paf, comme çà ! Ce n'est qu'à l'arrivée que tout penaud, il m'a rendu mon bien et invité à prendre un café pour se faire pardonner."

Abel avait toujours joué à ses petits jeux bien enfantins mais qui avaient, par la mesure même de leur finalités aléatoires, le don de le rassurer. "Si j'arrive à traverser la rue sans marcher sur les bandes blanches du passage piéton, je pense qu'il va me rappeler". "Si je vois trois vélos bleus d'ici 5 minutes, je serais reçu à l'examen". "Si j'arrive au croisement de la rue, avant que le camion poubelle ne me dépasse, pas de souci à se faire pour l'opération de mémé."
C'est au cours d'un de ces petits jeux, " si jamais je croise une chose dont le mot commence par la lettre A dans les 20 secondes, je..." qu'il le vit.

Boris est un con. Tous le monde le sait. Ou du moins tous le monde le répète. Alors autant jouer le jeu. C'est en partant de cette logique qu'il a accepté d'enfiler ce costume plutôt ridicule de cyber ourson. ça lui fait penser à un Grosquick relooké par Björk. Et puis se balader comme çà, c'est un putain de "fashion statement" comme dirait les pétasses modeuses de sa boîte. Ce que Boris ne sait pas, c'est que par le biais de cet accoutrement il va rencontrer Raymunda.

vendredi 11 mars 2011

Lettre au futur toi, lettre au futur roi.


Nous sommes le jeudi 4 avril 3020.

Je ressens tout à coup furieusement le besoin de t’écrire cette lettre. Tu n’es pas encore. Tu n’existes que dans ma fertile imagination mais j’ai besoin de t’adresser ces quelques mots pour faire de toi une éventuelle réalité.

Je suis le fils d’un homme qui ne m’a laissé que très peu de pistes. Ce n’était pas un homme mauvais, juste un être perdu dans ses désirs et ses devoirs. Un être déconnecté de ses propres sentiments et de par là même de ceux de ces enfants.
Je ne souhaite pas faire les mêmes erreurs. Si tu vis un jour sache que tu auras été violemment désiré. Par un pays, par un peuple mais surtout par un père. Si tu vis un jour, j’aimerais que tu puisses me parler, te confier. Si tu vis un jour, n’oublie pas, qu’épauler et écouter feront partis de mes fonctions à tes côtés.

Si tu vis un jour, tu porteras en toi le symbole d’un grand espoir.
Les temps de notre planète sont comptés désormais. Je ne désespère malgré tout aucunement de ton arrivée. Souviens toi juste de ne pas trop tarder, je ne sais pas combien de temps encore nous pourrons tenir dans cette situation.

lundi 7 mars 2011

Marine


A long time ago V. was a very young boy full of expectations. He had no real fears and believed in the complexion of any of his desires. Nowadays, He still was full of them but life had thought him one or two lessons that somehow lowered his level of confidence.
He remembered how as a child, during the long summer stays at his uncle mansion on the Blackpool coast, he spent hours playing in the sea. He remembered how fascinated he was by it. Its quietness and immutable rhythm, the soft sound of the waves dying on the sand, the smell of rotting weeds, the infinite horizon…
While the other children kept a very respectful distance towards the water, he never felt afraid of it. Even when once he was trapped in one of its underwater current and felt like maybe this was it, he won’t be able to beat the strength of the ocean. He stayed surprisingly steady. He waited and waited after each wave passage until the sea, like if it was tired of playing with him, let him go from its furious embrace.

This noticeable event made him understood that he had a great ability to cope with dramatic pressure. He would however discover much later that it could also be one of his biggest weaknesses.

jeudi 3 mars 2011

« Un saint vaut mieux que deux cancrelats » (et non pas : « un sein vaut mieux que deux avant-bras »)


Thomas d’Aquin bien avant de devenir saint parmi les saint vivait dans le petit bourg d’Aquino, célèbre pour ses « fini fini », des pâtes coupées à la loupe petit petit, et son potage « sagne e fagioli » très très bon mais oulala attention on est pas à l’abri d’un remake de la soupe au chou.

Thomas s’était dit assez vite qu’il pouvait devenir ce qu’il voulait : comme pilote de formule XII, informaticien ou pédicure podologue. Ah non en fait il avait jamais passé son permis et là non plus il était nul en maths et là encore raté parce qu’il savait pas ce que c’était mais ça avait l’air de sentir des pieds. Oh la, la méga loose !!
Il passait le plus clair de son temps avec son posse attitré :
René l’édenté
Gudule la pustule
et Broderick les flics j’les n…, dernier dont on ne savait pas fichtre foutre ce qu’il faisait là, à part qu’il était hideux, puant et orphelin et que du coup il avait pas grand monde à emmerder dans son entourage donc il était venu les emmerder eux.
Un jour, en fouinant chez un antiquire, (oui, oui, un antiquire ), thomas était tombé sur Johan et Pirlouit et tous leurs amis . Il s’était dit : "wouuuuuhhh ! des persos en à plat de couleurs primaires, comme c’est jouli !" Ça lui avait donné tout de suite envie de s’y coller et de commencer par « Raison versus foi : un combat du meilleur aloi, par contre pour les illustres accroche toi ! ».