dimanche 17 juillet 2011

La nuit des chiens

- « Attends ! » le rattrapa par le bras Le Petit. « J’ai peur. »
- « Peur, peur, mais on n'a plus le temps d'avoir peur. On y est. C'est maintenant. En plus on n’a promis. On lui a promis, PRO…MIS. »
- « S’il te plait Rémi, il fait tout noir là-bas. Je vais pas y arriver.»
- « Arrête de chialer, tu me dégoutes. Tu vas te bouger et plus vite que ça c’est moi qui te le dis. »
Rémi agrippa Le Petit et se jeta avec lui dans l’obscurité.


Au tout début, on n’y voit pas grand-chose là-dedans. On n’entend pas grand-chose non plus. Et puis soudain, si. Comme un bruit sourd, une machine qui ronronne. J’ai les mains glacées et une grosse boule dans la gorge qui commence à se propager. ça me comprime la poitrine. J’essaye d’empêcher mes liquides corporels de prendre le dessus. Je tâtonne le vide devant moi. Rémi n'est plus là. Je fais des tout petits pas, je m'empêche d'aller vite, de paniquer.
Et tout à coup, venu de nulle part, elle apparaît. Ce vieux souvenir qui s'imprime soudain. La fille au drôle de chien. Celui qui ressemble à ceux des contes d'avant avec son pelage ras et son étrange teinte marine. Son chien, il m'a toujours foutu la trouille. J'aimerais mieux penser à autre chose, là maintenant. Ou à un autre clébard. Tiens et pourquoi pas celui de Lulu. On a toujours l'impression qu'il sort de l'essoreuse avec son côté hirsute. J'aime bien Lulu. Un jour elle a dû lui démêler les poils un à un parce qu'il s'était roulé dans des chewing-gums.
Mais merde Rémi, t'es où ? Rémi avançait rapidement. Il savait qu'il risquait plus qu'une déconvenue en venant ici. Il pouvait perdre Le Petit, se perdre, voir bien pire. Mais il avait promis à M. Il avait tenue sa main dans la sienne, cette main rugueuse et fripée maintenant, et il lui avait juré qu'il irait là-bas, là où la lumière n'était plus. Par delà les paysages connus, là où peut-être il trouverait la réponse. La réponse au mal qui les rongeait tous. Qui la rongeait elle.

5 commentaires:

Céline a dit…

Merde, on l'achète où ton bouquin?Non, parce que là, on a envie de savoir. Puis il est attachant, déjà, ce Petit avec ses histoires de chien...Et qu'est-ce qu'elle a bon sang?! Fanny, tu as ordre d'écrire, et plus vite que ça, sinon j'te rejoue Misery!

Nan a dit…

Je me dis que c'est finalement pas si mal qu'on n'ait rien fait ensemble ce week-end ;-)

Toktokada a dit…

Céline > ah, ah, toi dans le rôle de Misery j'y crois pas une seule seconde !!! Mais merci pour ce chouette commentaire.

Nan> Bé ouais des fois l'inspiration on l'a trouve plus chez soi que dehors.

pierre a dit…

je comprends pas tout mais c'est charmant

Toktokada a dit…

Pierre> merci !